vendredi 4 décembre 2009

Lama crache encore...

Ami de tes reins mais aussi fan de terroirs, vous allez vous demander ce que ce billet farfelu fait ici. C'est vrai que dans l'endroit clos, on cause plus facilement de Coltrane ou de Gainsbourg voire des Rolling Stones que du pathétique homonyme du camélidé domestique d'Amérique du Sud... Bon, à l'origine, cette bafouille était destinée à être publié sur un blog rhodanien. Raté, elle devait être trop baveuse, le taulier a préféré s'abstenir de la montrer... Pas nous !

Euthanasie papy, euthanasie mamy, votre calvaire est fini, chantaient en substance les mythiques Olivensteins, désobligeant groupe rouennais, sans parenté aucune avec le rédempteur des haschischins. Erreur fatale ! A l'heure où le troisième et désormais quatrième âge sont devenus, économiquement parlant, les forces vives de la nation, les tentations de revival tombent sur le monde musical comme la vérole sur le bas-clergé.

Les tentatives de marketing vers ce public argenté (et pas seulement au niveau de la chevelure) deviennent légions… d'honneur va s'en dire. Dans cette perspective lucrative, Serge Chauvier dit Lama investit en ce 4 décembre, à 20 heures sonnantes et surtout trébuchantes, la scène lyonnaise old school en émoi. Même si à 50 euros le sésame, les vieux poumons toussent un peu.

A n'en point douter, des hordes de sexagénaires (plus si affinités) iront acclamer en transes le superman de la gouaille. Pour la circonstance, le petit caporal de la rime n'exhibera pas sa légendaire coupe dite du pont d'Arcole, mais une coiffure plus traditionnelle et moins ridicule. Du reste à l'hosto, ils l'ont laissé sortir. Il ne se prenait plus pour Napoléon. Lucide il était comme son dossier de presse qui cite Ernest Renan: "Le moyen d'avoir raison dans l'avenir est, à certains heures, de savoir se résigner à être démodé."

Qu'on se le dise, c'est à la bourse du Travail que le tombeur des péripatéticiennes va vous faire chavirer le palpitant…

jeudi 3 décembre 2009

Marche ou grève !

Mort d'un jardinier



D’abord, il y a le bonheur du travail au jardin, la fraicheur du matin, la rosée sur les bottes, la bêche bien affutée et le geste sûr comme celui de grand-père autrefois, le rouge-gorge et son « chant liquide ». « Tu récoltes ce que tu as semé, tu commences par le rouge et le vert, premiers radis, premières laitues, gotte jaune d’or ou reine de mai, d’abord les feuilles tendres comme du papier de soie, presque transparentes puis qui bouclent comme des oreilles, d’un vert moyen qui s’approfondit encore à l’extérieur alors que le cœur de la salade enfle et blanchit, un cœur qu’on peut arracher aussitôt avec les dents et croquer naturellement dans le jardin en l’assaisonnant avec une tige de jeune échalote. » Puis le jardinier meurt. On n’est pas surpris. Le titre nous avait prévenus. Mais ce qui surprend c’est toute cette vie qui se précipite en vrac : le tambour d’une étrange lessiveuse de mémoire où tournent tous les éléments ayant tissé la trame de l’étoffe qui se déchire. Cataplasmes et poêle à bois, bouillon de bœuf et charbonnier, buvard et Jack London, Coltrane et Chanson de Craonne, autos tamponneuses et Deep Purple, Elle, allongée sur le sable de Stella plage, Burroughs et Istanbul, toutes les chansons, tous les livres. « Et tu ne comprends pas pourquoi ton père crie bord d’aile, tu sais juste que cela n’a rien à voir avec la douceur du ventre des moineaux. » Il tourne, tourne, le manège de cette vie qui va finir. Il s’emballe. Et c’est, soudain, évident : Cette vie c’est la nôtre. Les éblouissements de l’enfance, les bobos et les câlins, les cafouillages adolescents, les cheveux frôlés et cœurs mordus, les sueurs adultes et la paix des bibliothèques, les efforts idiots et rires complices, c’est nous, aussi. C’est ce que nous avons vécu, aussi. Même si tel ou tel détail diffère, pour l’essentiel nous sommes le jardinier. Et c’est pourquoi ça pince si juste, ce livre. C'est pourquoi on s'en régale... d'une larme douce.

Gérard Lambert – Ullmann – Librairie Voix au chapitre – Saint Nazaire

Lucien Suel, Mort d’un jardinier , La table ronde, 17 €.

Devinez de qui Valentin cause...



Ah il est beau l'élu de la république une et indivisible...

mercredi 2 décembre 2009

IFOP... pas pousser !



Paris, capitale européenne de l'ennui

lundi 30 novembre 2009

La brigade des feuilles...

Ce dessin est dédié aux "Chevaliers du Fiel" pour leur sketch éponyme...

samedi 28 novembre 2009

Ne nous fâchons pas

Z'en faites pas, l'intitulé de ce billet ne s'apparente en aucun cas à un conseil que je pourrais donner à mes imminents collègues, tous sympatoches au demeurant, qui aiment à se déchirer sur la toile. Des gens biens sous tout rapport peuvent s'insulter par blogs interposés, ce sont leurs oignons pas les miens. Nan, le titre de cette bafouille fait référence à un film culte dont voici la bande annonce.



Ne nous fâchons pas , est le troisième volet d'une trilogie absurde et délirante concoctée par le fort sous-estimé Georges Lautner sur des dialogues du maître absolu en la matière, son altesse sérénissime Michel Audiard. Tapi dans l'ombre de ses prestigieux aînés, le mythique Les Tontons Flingueurs(1963) et le très maîtrisé Les Barbouzes (1964), le petit dernier, Ne nous fâchons pas (1965), n'en est pas pour autant un véritable joyau burlesque. Abracadabrantesque ajouterait même Chichi. Quoi de plus logique pourtant, le film commence dans une pharmacie avec une armoire à pharmacie nommée... Lino Ventura.



Le pitch du film est assez simple. AlloCiné le résume ainsi : Antoine Beretto (Lino Ventura) est un malfrat qui a élu domicile sur la Côte d'Azur après s'être retiré des affaires. Deux amis viennent lui rendre visite et les ennuis commencent...



Le pitch n'a que peu d'importance. L'essentiel est ailleurs. Magistralement mis en scène, le film part paradoxalement en vrille à chaque instant. Les personnages sont savoureux et interprétés par des acteurs au sommet de leur forme. Outre l'immense Lino, Jean Lefevbre est époustouflant dans le rôle de Léonard Michalon, un minable escroc horripilant. Il se voit ici s'offrir le meilleur rôle de sa carrière pour le moins inégale. Mireille Darc incarne son épouse et se montre comme à l'habitude sublissime. Michel Constantin se montre très crédible en restaurateur azuréen, meilleur ami de Lino.





Dans ce chef d'oeuvre loufoque, l'ennemi est clairement british. Incarné par un colonel et ses boys tout droit sortis de Carnaby Street. La gâchette et la dynamite faciles , ils exhibent des allures aussi pop qu'un Brian Jones ou qu'un Ray Davies.



Audiard, toujours au top niveau, livre ici quelques répliques d'anthologie :
- T'as de ces questions, on les appellent les british parce qu'ils sont british, C'est tout quoi! Ils sont une douzaine de mecs, on sait pas ce qu'ils maquillent ; ils ont loué une villa au cap d'Antibes. C'lui qu'à l'air du tolier est venu béqueter 2 3 fois. Ses petits boy-friends l'appellent "Colonel", genre homme du monde. Mais en fait de monde, j'crois plutôt qu'ils seraient du notre. Je veux dire l'ancien...
- L'ancien, l'ancien... Je viens de mettre un mec en l'air, maintenant nous v'là en croque-mort, tu permets, mais y'aurait comme de la relance sur la gelée de coings, non?... Et aussi, si tu m'avais pas refilé un flingue...
- Ben tu serais mort!
- Oui t'as raison. En cinq ans pas un mouvement d'humeur, pas une colère, même pas un mot plus haut que l'autre, pis d'un seul coup _CRACK_ la fausse note, la mouche dans le lait, han j'te dis que ça m'a secoué!

ou encore

- Beau jeune homme, il doit pas être loin de ses 75 kilos.

- J'l'ai pas pesé!
- Dans ces poids-là, j'peux vous l'embaumer façon Cléopatre, le Chef d'Oeuvre égyptien, inaltérable!
- Mais on vous demande pas de conserver, on vous demande de détruire!
- Haa! Heuuu... j'vous proposerais bien le puzzle "le congolais" : 32 morceaux plus la tête. Ou alors le cubilot de Vulcain : 10 tonnes de fontes, quinze-cents degrés, et vot' petit jeune homme se retrouve en plaque d'égout ou en grille de square.
- Non, NON! Ni en poignée de porte, ni en lampadaire, c'que j'veux c'est plus le voir, là!
- Mon ami tient un commerce.
- Hah bon!


Bref, si vous ne le possédez pas déjà, procurez vous ce monument du rire par tous les moyens. En attendant, voici onze minutes d'extraits pour les plus accrocs.