mardi 29 décembre 2009

Journalistes à plat ventre

Après les Nicolas d'or et les doigts d'honneur, voici venu le temps de récompenser les plumitifs. Cette année pas mal se sont couchés et une poignée d'irréductibles a tout de même relevé la tête. Remplissez juste le formulaire établi par le sieur Dagrouik et en voiture Simone !

lundi 28 décembre 2009

Caca nerveux et palpation corporelle

Un deuxième Nigérian voyageant sur un vol Amsterdam-Detroit a été arrêté dimanche par erreur. Il était resté une heure dans les toilettes de l'avion, provoquant l'inquiétude des hôtesses, alors qu'il était simplement malade. Nouvel Obs

Deux questions cependant : constipé rime-t-il désormais avec con ce typé ? La palpation corporelle sera-t-elle désormais la nouvelle perversion du monde occidental ?

Et une autre pour la route...

Ne serait-il pas temps en cette fin 2009 de tirer la chasse ?

jeudi 24 décembre 2009

L'histoire véridique du tajine mexicain...

Alors que je me resservais un verre d'un excellent Cava - le Champagne catalan - cette soirée qui se présentait sous les meilleurs auspices s'assombrit soudainement, sans que rien n'eût permis de le laisser prévoir auparavant.
Tout avait commencé vers 17h, alors qu'un saut imprévu au supermarché m'avait entraîné devant l'étal du boucher (il y a de bons bouchers dans certains supermarchés), et que je n'avais pu résister à la vue de tendrons de veau moelleux et fraîchement découpés, à la chair rosée et légèrement brillante, dont les cartilages blancs aux formes arrondies m'évoquaient quelques décorations d'oreilles précolombiennes. Un prix de 8,80€ le kg avait achevé de me convaincre que contrairement au masterplan initial, ce serait là l'élément principal du dîner du jour.
C'étaient ces mêmes tendrons qui revenaient gentiment devant moi, à présent, dans ma cocotte en fonte, avec quelques oignons hachés, en attendant la suite des opérations.
Je les avais saupoudrés de paprika. Pas le paprika hongrois rouge brique, séché au four et la plupart du temps sans grand intérêt, mais une variante plus rare, voire confidentielle, noire et huileuse, proche des piments fumés mexicains, et ramenée spécialement pour moi du souk d'Istambul par mon ami Patrick. Mon regard alternait entre les bulles de mon verre et les tendrons qui prenaient lentement couleur dans leur creuset.
Je regardais les pruneaux et les abricots secs qui devaient entrer dans la composition de ce qui deviendrait un tajine de veau, dont la perspective avait réjoui ce début de soirée. Le plaisir de la cuisine dure souvent plus longtemps dans l'imagination de celui qui la prépare que dans l'assiette de celui qui la déguste, et cette recette avait déjà acquis une réalité propre. Je l'avais déjà mise en bouche par la pensée : pruneaux fondants et sucrés, abricots à la texture plus élastique, avec une petite pointe acidulée, le croquant de quelques amandes, et pendant qu'on mâche, planant à la hauteur du nez, le mélange subtil de cannelle, coriandre et gingembre. Enfin les « tendrons » de veau si bien nommés, dans une sauce onctueuse, et les petits cartilages que l'on mordille, que l'on suçote jusqu'à en extraire toute parcelle sapide.
Et pourtant cette fabuleuse perspective venait de perdre tout son attrait, à la seconde où je versais ce second verre de Cava...
A quoi tient l'idée d'un plat... Les senteurs et les goûts de la dégustation prochaine se dissipaient dans mon esprit comme une brume passagère. Etait-ce l'effet délétère de l'alcool ? La lassitude de manger un plat déjà dégusté par la pensée ? Seuls restaient ces tendrons de veau dans la cocotte et l'incertitude de leur destinée.
L'intensité de ce moment faisait converger les lignes infinies de l'horizon au milieu de cette cocotte, qui pouvait paraître pourtant bien banale à celui qui n'avait pas compris que le fil conducteur de la recette venait de disparaître à ce moment précis. Comment cuisiner un plat qu'on n'a plus envie de déguster ? Alors que c'est cette envie, et elle seule, qui éclaire le chemin pour que le plat arrive à son terme. Impossible de cuisiner en aveugle. Je me sentis soudain très las.
A ce point de la préparation le plat pouvait encore basculer vers une infinité d'autres recettes, qui défilaient devant mes yeux : l'ajout d'une boîte de tomates, de thym et de romarin nous amènerait vers un veau à l'Italienne, avec de délicieux spaghettis nappés de sauce tomate.
Une autre possibilité serait de rajouter quelques lanières de poivrons dans le sauté, puis de la tomate, un peu de laurier, une resucée de paprika et l'on se dirigerait vers un goulache, que l'on terminerait avec un peu de carvi et de l'aneth haché, quelques cuillères de crème fraîche, des oignons hachés... et cerise sur le gâteau, quelques gros cornichons aigres-doux bien croquants.
On n'était pas loin non plus du curry, et d'un nombre de préparations variées dont l'évocation finit par m'ennuyer. Non, tant pis, ce n'était pas une soirée à manger de la tomate.
L'injonction se faisait pressante, le veau commençait à dorer sérieusement, il fallait prendre une décision, et chaque ingrédient ajouté restreindrait les possibilités de choix ultérieur, jusqu'à sceller le destin du plat.
Je regardai alors à nouveau les pruneaux et les abricots secs, qui attendaient leur heure patiemment. Je repensai alors à cette recette de porc aux pruneaux et abricots secs que l'on prépare en Colombie, et qui est le résultat secret de la transmutation d'un tajine ! Un tajine au porc ! Auquel il ne manque plus que quelques épices. Mais cela ne me donnait rien de plus. De la Colombie mon esprit vagabonda alors jusqu'au Mexique. Et l'évidence apparut enfin : un mole, un mole poblano, voilà la sauce que je voulais : une sauce à la couleur sombre comme le paprika noir, comme le cacao, comme les piments fumés mexicains, au goût de terre et d'épices.
Je compris alors que dans l'alchimie complexe du Cava et de son origine hispanique, c'était le regard de trop que j'avais jeté sur le paprika noir qui m'avait guidé vers ce nouveau chemin, vers cette nouvelle virtualité de recette. Le Mexique est la terre mère de tous les piments.
A vrai dire j'étais mal parti pour faire un mole qui se fait généralement avec du poulet ou de la dinde mais qu'importe, le veau ferait très bien l'affaire. D'ailleurs le mole poblano est une recette issue du hasard et de la nécessité, puisque si l'on en croit la légende, il fut inventé par une brave dame qui s'occupait de la cure de l'église de la ville de Pueblo, et à qui on annonça un jour la visite impromptue de l'évêque. Sommée de lui préparer un repas, notre modeste paysanne sacrifia l'une de ses poules, fit main basse sur les maigres ressources de sa cuisine et mélangea l'ensemble pour inventer la sauce qui fait aujourd'hui l'orgueil du Mexique, dominée par le goût sauvage du cacao et des piments fumés*.
Nul doute que si notre cuisinière avait eu du veau sous la main, elle en aurait mis sans hésiter. Quoi d'autre ? Le mole contient du cacao, c'est lui qui donne son âme au plat, mais du cacao non sucré, pas du chocolat.
On oublie parfois que le sucre, non content de sucrer les aliments, les dénature, en change l'essence même. Pour notre plus grand plaisir bien sûr, mais on ne peut imaginer ce qu'est le cacao si on ne l'a pas dégusté sans sucre. Comme la cannelle dont on croit connaître le goût parce qu'elle parfume les desserts et le vin chaud, mais qui devient méconnaissable quand on la mélange avec bonheur à de la viande, comme au Liban, ou à de la daurade, comme la célèbre daurade à la Veracruzana, qui nous ramène au Mexique. Il s'agit d'un autre goût, d'un autre aliment.
Autant le chocolat nous ramène aux saveurs bien balisées et rassurantes de l'enfance, autant le cacao pur nous plonge dans l'univers chamarré et cruel du jaguar pré-colombien, où les couteaux d'obsidienne plongeaient dans la poitrine des victimes sacrificielles pour leur arracher le coeur, et l'offrir encore palpitant à quelques divinités avides d'hémoglobine.

Je repris une gorgée de vin, en ayant une pensée pour cette nouvelle de Cortazar ou le narrateur se rêve dans le monde d'aujourd'hui, alors que sa vie réelle se passe plusieurs siècles auparavant, prisonnier enchaîné dont le sang va être versé sur la table de sacrifice, tout en haut d'une pyramide aztèque. Odeur sombre du sang...
Les corps des victimes sacrifiées servaient d'ailleurs de matière première à la réalisation de plats très prisés par l'aristocratie locale. On en faisait paraît-il un ragoût au maïs blanc, le pozole, qui se fait maintenant avec du porc... Il faut croire que le goût de la viande humaine (pour ne pas parler du reste) se rapproche du cochon. A des milliers de kilomètres de distance, les Papous appréciaient également, il n'y a pas si longtemps encore, la viande humaine, une excentricité dont Magellan et de divers navigateurs européens firent les frais. Nos indigènes appelaient les hommes blancs les « cochons longs ». Ils engraissaient les visiteurs de passage et le jour venu, couic, les passaient à la casserole comme chez nous le cochon Mathurin. Mais, pour revenir aux Caraïbes, on faisait également la même chose chez les Olmèques, ces indiens des îles ayant un goût prononcé pour la viande humaine, et les Espagnols se dépêchèrent de les exterminer**. C'est une autre histoire.
Mais il fallait d'urgence revenir à la réalité : le veau commençait à colorer dangereusement. Il me manquait au moins la moitié des ingrédients pour faire un honnête mole poblano, mais selon ma propre théorie de la cuisine générative - il faudra aussi que je finisse de l'écrire un jour - on pourrait s'en tirer avec les ressources quand même assez étendues de ma cuisine, en remplaçant les ingrédients manquants par d'autres équivalents ou proches, tout en conservant l'idée du plat.
On avait l'essentiel, c'est à dire le cacao non sucré, manquaient les piments mexicains mais on avait des piments turcs, manquaient les bananes séchées, mais on avait des abricots secs et les pruneaux qui faisaient partie de la recette d'origine, ainsi que des graines de sésame. Pas de cacahuètes mais des pignons.
Ce ne serait pas un véritable mole poblano, pas possible. Par contre on s'orientait vers une délocalisation méditerranéenne du mole poblano, avec vraisemblablement un goût intéressant. je pris à la volée les différents flacons d'épices qui me paraissaient judicieux : coriandre, cannelle, cumin, anis vert, et je pris dans le pot de cacao une cuillerée à café bien pleine de poudre.
Je la regardais : quand je jetterais cette poudre dans le plat, l'avenir de celui-ci changerait d'une façon irréversible. Je ne pourrais pas rattraper ça. Un tajine qui jusque là était sur ses rails prendrait un chemin que jamais un tajine n'avait pris. Le cacao tomba dans le plat, je le mélangeai au reste, pendant que je me remémorais le dernier mole poblano que j'avais mangé à Paris au "Taco loco", et qui n'était pas fameux. Je repensai au pot en verre du mole « Doña Maria » et à son étiquette au graphisme désuet que l'on trouve dans quelques rares épiceries. Loin de ces mole pour touristes, je replongeais dans la démarche de la créatrice du mole dont l'histoire a perdu le nom, acculée à l'invention par l'urgence et la contrainte, les deux sources les plus fécondes de la création. J'ajoutai un verre de bouillon. Le premier tajine mexicain était sur ses rails, baiser carnassier et transocéanique des Arabes aux Sud-Américains par l'intermédiation de l'Espagne, qui fut avalée par les premiers et avala les seconds.

* Lire à ce sujet, et sur bien d'autres, l'indispensable "Douceur et passion de la cuisine mexicaine" de Fernando et Soccorro del Paso, malheureusement introuvable aujourd'hui
** je vous recommande à ce sujet la lecture du très divertissant « Nus, féroces et anthropophages » un récit à peine romancé d'un marin français ayant échappé de peu à la casserole, qui donna lieu à une adaptation cinématographique également très divertissante sous le nom de « Qu'il était bon mon petit Français »

mercredi 23 décembre 2009

I'll be your mirror

C'est l'excellent donjipez qui a réveillé en moi le souvenir de Nico. Sur twitter, il avait exhumé le somptueux Femme fatale. Je me rappelais ces étés 1974 et 1975 où l'occurrence de la programmation des festivals pop du sud de la France me fit rencontrer deux années consécutives cette légende vivante. La première fois, c'était dans l'amphithéâtre d'Arles (avec Kevin Ayers, Can et Ash Ra Tempel) et la seconde au théâtre antique d'Orange, là où les hasards ou les coïncidences me permirent de découvrir également sur scène John Cale prisonnier dans une camisole de force. Là où le très attendu Lou Reed ne vint jamais car il annula sa tournée européenne au dernier moment. Ces deux-là et Nico avaient fait partie de l'immense Velvet Underground, groupe mythique de la fin des sixties, parrainé excusez du peu, par son altesse sérénissime Andy Warhol en personne.

Elle était là seule, désormais brune dans sa longue robe noire, derrière son harmonium et déclamait des mélopées glaciales et funèbres jusqu'au bout de la nuit. Je frissonne encore d'émotion en me remémorant cette voix unique et monocorde, issue de nulle part dont les accents gutturaux ajoutaient encore à la solennité de l'instant.

Christa Päffgen, son véritable patronyme, était née à Cologne en 1938. Sa beauté sculpturale l'amena naturellement à faire une carrière à Paris de mannequin très en vogue. Puis elle s'essaya au cinéma apparaissant entre autres en 59 dans la Dolce Vita du grand Fellini et décrochant en 63 le rôle principal dans Strip-tease dont Serge Gainsbourg assura la bande originale. A cette occasion, elle enregistra sous la férule du maître son premier opus.

Elle eut un enfant avec Alain Delon qu'il ne reconnut jamais. Dans sa trop courte vie, elle eut pas mal de liaisons avec des prestigieux musiciens de Brian Jones, qui l'accompagna sur I'm not sayin' en 65, à Jim Morrisson en passant par Iggy Pop, Lou Reed, John cale, Tim Buckley et Jackson Browne. Elle devint au milieu des années soixante l'égérie de la Factory et c'est Warhol lui-même qui lui conseillera de rejoindre le Velvet avec qui elle n'enregistrera qu'un seul album.

Elle mourut en 1988 à 49 ans à Ibiza des suites d'une chute de vélo et aussi de l'abus de paradis artificiels en tout genre. Elle restera à jamais une des figures les plus emblématiques de la scène rock-pop. Sa reprise fantastique du Heroes de Bowie au début des eighties en en est la meilleure preuve..



Et que dire de sa version impromptue de Chealsea girls dans une chambre du Chealsea Hôtel avec un guitariste dont j'ignore l'identité mais qui possède un son des plus crapoteux qui soit... On adore !

lundi 21 décembre 2009

Le père Noël est une ordure… confirmation !


J’ai, paraît-il, loupé ce midi, au marché, une ‘manifestation d’extrême gauche des pères noëls’ de ma bonne ville prolétaire de Saint-Nazaire. On m’a dit cela…et cela m’a coincé l’occiput toute la journée. Il paraît qu’ils voudraient être mieux payés ! : Ils y croient donc, au père… ? Au fait, depuis 22 ans que j’y réside, ma bonne ville nazairienne est de plus en plus bourgeoise (en vernis) et miséreuse (en cachette). Un exemple entre autres ? Il y a eu disparition des 9/10° des p’tits bistrots…au profit des magasins de mode qui ferment et s’ouvrent à tire-larigot… : les prolos ont la télé et la pizza, désormais ! Et le chômage, en prime. L’un des derniers bistrots du centre ville a changé de proprio. C’était un connard de raciste franchouillard, proche du FN, qui a fait chuter son chiffre d’affaire des 9/10°, et a revendu à vil prix son commerce à…un maghrébin (français, rassurez-vous !), lequel a remonté la clientèle de 90%... par son sourire pour les chômeurs. Mais, mais ?... Il a cru de bon goût (c’est pas le mien) de décorer sa vitrine d’une crèche du p’tit Jésus, entre divers pères noëls de plastique !... A propos : J’ai hier encore tiré la barbe cotonneuse d’un Tartempion de père noël, pour le plaisir de montrer ce qu’est une vraie barbe, la mienne. Ce qui marche bien, car, souvent, il s’agit de chômeurs qui me connaissent … Et puis, encore à propos : il m’arrive, en ces temps noëlleux, qu’une maman dise à son gosse, en me croisant : ‘T’as vu, c’est le père noël ! ’ Et je réponds toujours ‘Non, je ne suis pas une ordure !’ Il s’en suit diverses réactions, quelque fois positives…pas toujours… A propos, encore : Il y a bien 10 ans, j’avais été contacté pour ‘faire père noël’, par une union de commerçants du centre-ville. Après discussions, il y eu accord : je serai le photographe du père noël de mon choix. Et mon choix fut un tout beau et jeune guadeloupéen, magnifique de contraste noir-blanc, ce qui assura notre succès. Y compris contre l’officiel ‘Père Noël Municipal’, qui prétendit, le bougre, que nous nous éclipsions lors de son passage. Ben non…Ben non…, on n’y croit plus à papa noël, ni à sauver la planète à Copenhague… Quant à ma bonne ville de Saint-Nazaire, rassurez-vous : malgré la vitrine ridicule d’un bistrot, les pères noëls y manifestent ! Pourtant, il y a quelques années, notre municipalité socialo-communiste a fait démolir la Maison du Peuple, puisque ‘seuls les consommateurs’ existent désormais… mais le centre commercial qui lui a succédé est un bide, une ordure de plus, quoi !
Joyeux Noël et Heureuses Pâques !
Rémi Bégouen

samedi 19 décembre 2009

Nicolas d'or 2009

35 blogueurs de toutes obédiences ont été sollicités par Vogelsong et Reversus pour répondre à sept questions concernant nos politiques hexagonaux. Voici donc le fruit de leurs réponses sous forme de palmarès.

Le "Nicolas" d'or de la phrase de l'année :
Jacques Séguéla : "Si à 50 ans on n'a pas une Rolex, on a raté sa vie" sur France 2, le 13 février 2009
Le "Nicolas" d'or du fantôme politique de l'année :
Fadela Amara
Le "Nicolas" d'or du coup d'éclat politique de l'année :
Le retour de Daniel Cohn Bendit et le score d'Europe Ecologie aux Européennes
Le "Nicolas"d'or de l'arnaque économique de l'année :
La moralisation du capitalisme
Le "Nicolas" d'or du bide politique de l'année :
Jean Sarkozy et l'EPAD
Le "Nicolas" d'or du Coup de pelle de l'année :
N. Sarkozy : «Les journalistes, ce sont des nullards, il faut leur cracher à la gueule, il faut leur marcher dessus, les écraser. Ce sont des bandits. Et encore les bandits eux ont une morale». (source : Slate )
Le site Internet de l'année :
Jean-Luc Mélenchon

jeudi 17 décembre 2009

Murène en eaux troubles

La murène est un drôle de poisson. De ceusses que les pêcheurs n'aiment pas retrouver dans leurs filets parce qu'elle va manger les autres. Elle a les dents longues et acérées, la chose. Et surtout elle dit beaucoup d'âneries. Dernière en date lors d'un sempiternel débat sur l'identité nationale, immonde boite de Pandore ouverte par le félon sur ordre de l'agité du bocage : "Moi, ce que je veux du jeune musulman, quand il est français, c'est qu'il aime son pays, c'est qu'il trouve un travail, c'est qu'il ne parle pas le verlan, qu'il ne mette pas sa casquette à l'envers."

A ce stade de la compétition entre représentants de l'état dans la surenchère douteuse à propos des libertés individuelles et de la stigmatisation de la religion musulmane, on ne sait si on doit rire ou pleurer. En quoi le fait de porter une casquette à l'envers et de causer verlan est-il un péril pour l'identité nationale ? En quoi ces attitudes plus qu'anodines au demeurant sont caractétistiques de jeunes musulmans ? Lefebvre, Hortefeux, Raoult, Estrosi, Besson, Sarkozy, j'en passe et pas forcément des meilleurs, Morano désormais, tous se tirent la bourrent dans le populisme nauséabond. Ça va mal finir tout ça, moi je vous le dis...

PS : ci-dessous, la piteuse justification de la Murène au micro complaisant d'Elkabbach.

mercredi 16 décembre 2009

La vérité sur l'androïde Eric

Ce cliché saisissant révèle enfin la vérité sur le chasseur de vilains afghans. Ainsi donc son absence totale d'état d'âme et d'émotion reposait sur un terrible secret. Les milices sarkozystes l'auraient enlevé en 2007 peu avant la campagne présidentielle et lui auraient greffé en lieu et place du cerveau un circuit intégré parfaitement télécommandable. Il se susurre en haut-lieu que ce robot zélé est du reste le jouet préféré du monarque. Un avis de recherche a été lancé par les Blade Runners roses pour retrouver un morceau de son cortex original. Prière de le ramener d'urgence rue de Solférino.

PS : ce qui est pratique avec les réplicants, c'est qu'on peut s'en débarrasser facilement quand les choses tournent au vinaigre. Dommage pour l'apprenti-sorcier de l'Elysée que la murène ne soit pas également un androïde... Qu'en est-il de l'auvergnat au fait ?

mardi 15 décembre 2009

Rachida au bord de la crise de nerfs


S'il on avait encore la moindre interrogation sur la compétence et le sérieux de miss Dior, le doute est désormais levé. Sa méconnaissance des dossiers n'a d'égal que l'intérêt qu'elle leur porte. La qualité du son du document ci-dessus s'explique car la belle étourdie avait oublié qu'elle portait un micro-cravate. Du pain béni pour plumitifs en mal de scoops ! C'est ça aussi la Sarkozie ! Un grand cirque quotidien...

lundi 14 décembre 2009

Au pied de mon arbre...

De fait nous sommes un vrai "melting pot" dans la famille car...

On trouve chez nous du belge et de l'anglais du côté de la lignée paternelle et de l'italien du côté de celle de ma mère. Quant aux enfants c'est pire car il faut y ajouter de l'espagnol et du maltais du côté de ma femme !... Bref, nous sommes de purs français par métissages générationnels successifs !

Et vous ! ça se goupille comment vos anastomoses généalogiques !?

Les doigts d'honneur

Pour les fêtes, Ruminances propose un concours inédit intitulé “Les doigts d'honneur” en partenariat avec le docte institut de sondages IFLOP et lance pour la circonstance une consultation auprès de ses lecteurs en leur posant une question et une seule. Quel est pour eux l'ultime boulet de la Sarkozie ? Celui (ou celle) qui accumule les bourdes les plus retentissantes, les phrases ineptes ou assassines, les actions nocives, les flatteries honteuses auprès du chef. Il va s'en dire que ce dernier est exclu du panel sélectionné tant son palmarès en impose. Hors concours depuis Mathusalem, nous lui décernons bien volontiers en cette fin d'année 2009 un doigt d'honneur spécial pour l'ensemble de son œuvre. Présentation des heureux nominés et sondage ici !

jeudi 10 décembre 2009

Anguille


Anguilles au vert

Estrosi ou l'amalgame inepte



"Si, à la veille du second conflit mondial dans un temps où la crise économique envahissait tout, le peuple allemand avait entrepris d’interroger sur ce qui fonde réellement l’identité allemande, héritière des lumières, patrie de Goethe et du romantisme, alors peut-être, aurions-nous évité le naufrage de la civilisation européenne", a osé déclarer le très zélé motodidacte le 26 novembre dernier, au détour d’un discours visant à établir un couvre-feu dans sa bonne ville de Nice pour les mineurs de moins de 13 ans. Savoir qu'un personnage capable d'un tel degré d'analyse, soit non seulement un intime de qui vous savez mais ministre de surcroît, fait vraiment froid dans le bas du dos...

Ecouter chez Gaël, l'analyse de Thomas Legrand.

lundi 7 décembre 2009

Vive le vin de table !


Nan, ce n'est pas une énième provoc. Après mon papelard sur le beaujolpif qui me valut des quolibets en tout genre, les uns me qualifiant de snobinard, de bobo, les autres de gâche-fête ou de bonnet de nuit, j'ose me risquer à publier un nouveau billet sur le jaja. Et pas sur de la piquette à mère-grand ni sur de l'étoilé façon Sénéclauze ou Père Julien. Du vin de table, ma bonne dame... Un chef d'oeuvre, une bombe atomique, un nervous breakdown comme dirait Jean Lefebvre. Un breuvage qui, dès que tu commences à humecter tes lèvres sur sa robe, tu peux siffler la bouteille sans crier gare.

L'affaire s'appelle "Les amis de la Bouissière", ça coûte huit euros le flacon. C'est fabriqué par messieurs Thierry et Gilles Faravel. Leur domaine d'excellence est d'ordinaire le Gigondas. Ils font aussi de l'excellent Vacqueyras. Bref, ils officient en côtes du rhône méridionales, dans le Vaucluse pour être précis. Et c'est là leur génie. Pour obtenir l'AOC, il faut respecter les cépages traditionnels de l'appellation. Pour les "amis", les Faravel ont transgressé cette loi. Ils ont ajouté 20% de Merlot, un cépage bordelais au 50% de Syrah et au 30% de grenache gris. D'où l'appellation vin de table !

Voilà ce qu'en dit mon caviste nantais préféré : "Tout ce que l'on demande à un vin se trouve dans cette bouteille. Un prix, du plaisir et surtout une expression du fruit sans pareil. A gouter absolument pour comprendre qu'un Vin de Table en dehors de son appellation a vraiment la place sur la votre pour accompagner vos plats d'automne/hiver."

Si vous n'êtes pas comme Falcon Hill ou Miss Clooney, résidents du coin, vous pouvez le commander ici-même... Croyez-moi, vous ne serez pas déçus du voyage...

dimanche 6 décembre 2009

vendredi 4 décembre 2009

Lama crache encore...

Ami de tes reins mais aussi fan de terroirs, vous allez vous demander ce que ce billet farfelu fait ici. C'est vrai que dans l'endroit clos, on cause plus facilement de Coltrane ou de Gainsbourg voire des Rolling Stones que du pathétique homonyme du camélidé domestique d'Amérique du Sud... Bon, à l'origine, cette bafouille était destinée à être publié sur un blog rhodanien. Raté, elle devait être trop baveuse, le taulier a préféré s'abstenir de la montrer... Pas nous !

Euthanasie papy, euthanasie mamy, votre calvaire est fini, chantaient en substance les mythiques Olivensteins, désobligeant groupe rouennais, sans parenté aucune avec le rédempteur des haschischins. Erreur fatale ! A l'heure où le troisième et désormais quatrième âge sont devenus, économiquement parlant, les forces vives de la nation, les tentations de revival tombent sur le monde musical comme la vérole sur le bas-clergé.

Les tentatives de marketing vers ce public argenté (et pas seulement au niveau de la chevelure) deviennent légions… d'honneur va s'en dire. Dans cette perspective lucrative, Serge Chauvier dit Lama investit en ce 4 décembre, à 20 heures sonnantes et surtout trébuchantes, la scène lyonnaise old school en émoi. Même si à 50 euros le sésame, les vieux poumons toussent un peu.

A n'en point douter, des hordes de sexagénaires (plus si affinités) iront acclamer en transes le superman de la gouaille. Pour la circonstance, le petit caporal de la rime n'exhibera pas sa légendaire coupe dite du pont d'Arcole, mais une coiffure plus traditionnelle et moins ridicule. Du reste à l'hosto, ils l'ont laissé sortir. Il ne se prenait plus pour Napoléon. Lucide il était comme son dossier de presse qui cite Ernest Renan: "Le moyen d'avoir raison dans l'avenir est, à certains heures, de savoir se résigner à être démodé."

Qu'on se le dise, c'est à la bourse du Travail que le tombeur des péripatéticiennes va vous faire chavirer le palpitant…

jeudi 3 décembre 2009

Marche ou grève !

Mort d'un jardinier



D’abord, il y a le bonheur du travail au jardin, la fraicheur du matin, la rosée sur les bottes, la bêche bien affutée et le geste sûr comme celui de grand-père autrefois, le rouge-gorge et son « chant liquide ». « Tu récoltes ce que tu as semé, tu commences par le rouge et le vert, premiers radis, premières laitues, gotte jaune d’or ou reine de mai, d’abord les feuilles tendres comme du papier de soie, presque transparentes puis qui bouclent comme des oreilles, d’un vert moyen qui s’approfondit encore à l’extérieur alors que le cœur de la salade enfle et blanchit, un cœur qu’on peut arracher aussitôt avec les dents et croquer naturellement dans le jardin en l’assaisonnant avec une tige de jeune échalote. » Puis le jardinier meurt. On n’est pas surpris. Le titre nous avait prévenus. Mais ce qui surprend c’est toute cette vie qui se précipite en vrac : le tambour d’une étrange lessiveuse de mémoire où tournent tous les éléments ayant tissé la trame de l’étoffe qui se déchire. Cataplasmes et poêle à bois, bouillon de bœuf et charbonnier, buvard et Jack London, Coltrane et Chanson de Craonne, autos tamponneuses et Deep Purple, Elle, allongée sur le sable de Stella plage, Burroughs et Istanbul, toutes les chansons, tous les livres. « Et tu ne comprends pas pourquoi ton père crie bord d’aile, tu sais juste que cela n’a rien à voir avec la douceur du ventre des moineaux. » Il tourne, tourne, le manège de cette vie qui va finir. Il s’emballe. Et c’est, soudain, évident : Cette vie c’est la nôtre. Les éblouissements de l’enfance, les bobos et les câlins, les cafouillages adolescents, les cheveux frôlés et cœurs mordus, les sueurs adultes et la paix des bibliothèques, les efforts idiots et rires complices, c’est nous, aussi. C’est ce que nous avons vécu, aussi. Même si tel ou tel détail diffère, pour l’essentiel nous sommes le jardinier. Et c’est pourquoi ça pince si juste, ce livre. C'est pourquoi on s'en régale... d'une larme douce.

Gérard Lambert – Ullmann – Librairie Voix au chapitre – Saint Nazaire

Lucien Suel, Mort d’un jardinier , La table ronde, 17 €.

Devinez de qui Valentin cause...



Ah il est beau l'élu de la république une et indivisible...