35 blogueurs de toutes obédiences ont été sollicités par Vogelsong et Reversus pour répondre à sept questions concernant nos politiques hexagonaux. Voici donc le fruit de leurs réponses sous forme de palmarès.
Le "Nicolas" d'or de la phrase de l'année : Jacques Séguéla : "Si à 50 ans on n'a pas une Rolex, on a raté sa vie" sur France 2, le 13 février 2009 Le "Nicolas" d'or du fantôme politique de l'année : Fadela Amara Le "Nicolas" d'or du coup d'éclat politique de l'année : Le retour de Daniel Cohn Bendit et le score d'Europe Ecologie aux Européennes Le "Nicolas"d'or de l'arnaque économique de l'année : La moralisation du capitalisme Le "Nicolas" d'or du bide politique de l'année : Jean Sarkozy et l'EPAD Le "Nicolas" d'or du Coup de pelle de l'année : N. Sarkozy : «Les journalistes, ce sont des nullards, il faut leur cracher à la gueule, il faut leur marcher dessus, les écraser. Ce sont des bandits. Et encore les bandits eux ont une morale». (source : Slate ) Le site Internet de l'année : Jean-Luc Mélenchon
Nicolas a tagué, pour qui voulait, le fléchage d'un parcours chaotique : « c'est quoi un blog ? ». Encore un casse-tête pour adolescents post-pubères. « Pourquoi tu blogues ? » est forcément la question subsidiaire. Comme je n'ai pas passé la limite d'âge, je m'y colle avec plaisir. Le blog est un archipel. Un bouquet d'îles que le hasard a dispersé dans le désordre de l'esprit. Les habitants de ces étendues émergées sont des loups solitaires cherchant à libérer une pensée captive. A vrai dire, je suis venu au blog pour la même raison que je fréquentais les forums du foot auparavant : attirance et besoin. L'envie de confronter et de partager mon avis. Qu'il s'agisse de foot, de politique et autres sujets, où est la différence ?
La découverte du blog en tant que plateforme d'opinion et de pensée est venue plus tard. J'y suis arrivé sur la pointe des pieds. Petit à petit j'y ai découvert la formidable machine que c'était, ainsi que la responsabilité morale et intellectuelle que, mine de rien, cela demande à chacun. Vrai qu'au départ, boum-boum tra la la, Charly Oleg, tout le monde en piste pour une nouvelle danse. Accordéon et bal à papa. Or la chose n'est pas aussi prosaïque qu'on peut le supposer. Bien sûr, on ouvre les vannes de la frivolité, on s'amuse, on balance des blagues, on rit franchement, on gueule, on trépigne, on fait la gueule, on biffe et on recommence. Cela exerce sur chacun une émulation fraternelle. Même si nous ne sommes que des citoyens ordinaires, il n'en demeure pas moins que nous avons le souci de bien faire valoir une certaine idée de la citoyenneté. Je dis cela pour ceux qui voient le blog comme l'adversaire ou l'ennemi de la société et de la politique en particulier. Erreur, car une idée domine : un citoyen engagé = une démocratie plus saine. Jetons un oeil aux différentes affaires qui secouent notre république et à la manière dont chacun s'indigne : Angolagate, Karachi, Clearstream..., pour nous convaincre que sans l'oeil attentif et un peu inquisiteur de l'individu, nous serions déjà au milieu d'une « belle » dictature. Le blog et internet, outils si décriés, sont devenus des régulateurs dont les pouvoirs se méfient non sans raison.
Pour revenir à l'une des questions posée, à savoir un blog individuel ou collectif. Chacun voit midi à sa porte. Réponse aussi vraie que je ne suis pas normand. Pour notre part, chez Ruminances, ou sur tes reins et terroirs, la difficulté a été contournée : à plusieurs on s'emmerde moins et cela donne, aussi, une vision plus périscopique. Pas de style particulier dans l'écriture, mais une volonté commune : le souci de faire pour le mieux. L'organisateur de tout ça (pas de chefs chez nous, mais des copains d'abord), vous le connaissez, b. mode, Bernard pour les intimes, n'a rien d'un bourrin. Cela étant, si quelqu'un l'emmerde, il balance son coup de sabot, mais va aussitôt chercher dans la trousse des premiers soins de quoi panser la victime, sauf si... Classe, il manie le calembour avec justesse, donnant à sa plume le bon tempo et au blog la bonne respiration. Dans son sillage, Clarky. Avec lui, c'est simple : tu fais pas chier ! Si tu veux lui chanter Ramona, c'est à tes risques et périls ! Avec ça, une plume très percutante qu'on adore. Il joue beaucoup et bien avec les mots. Il a horreur des cons. Il a du boulot sur la planche ! Pas demain la veille qu'il va se retrouver au chômage. Comme une ombre chinoise ondulant dans le ciel ruminant d'une poésie libre et profonde, Erby, René pour les potes, un trait au choix, mais toujours là où il le faut. Très précieux dans une équipe : un dessin pesant je ne sais combien d'encyclopédies. Puis il y a David, ex-forumeur et blogueur de talent, le croisé de la république. Il aime les grandes causes et il les épouse, même quand elles sont vouées à l'échec. Il a maintenant son chez soi, mais il connait la maison, il fait partie de la famille. Enfin vient Christophe, écriture et gastronomie sentent bon les épices du côté de Ruminances. Bien boire, bien manger, cela suggère forcément la rigolade et les bonnes idées. Excellent cuistot. Quand son métier lui laisse le temps, il nous mitonne des papiers aux p'tits oignons.
Comme vous le voyez, nous sommes une bande de copains voguant selon l'humeur, le plaisir, l'inspiration, la colère et le doute, s'étant trouvée au hasard d'une curiosité commune. Sans nous prendre au sérieux (quelle erreur ce serait !), faisant les choses avec application, c'est ça la démarche Ruminances et tes reins et terroirs. Comment ça fonctionne ? Aucun conseil de rédaction, aucune concertation. Aucun séminaire. Un oeil critique sur l'actualité pour « ligne éditoriale », suffit à chacun pour laisser aller sa plume vers l'endroit qu'il juge important pour lui et pour le blog. Ouf ! Je profite pour passer le relais, s'ils le veulent (pas besoin de faire aussi long !) à Cerise libertaire, Spartacus, Le Monolecte, hypos, mtislav.
Z'en faites pas, s'agit pas du remake de la toile de Jacques Rouffio version morts sots. J'ai pas dit Meursault, hips... S'agit juste qu'on vient de nous interpeller, les Ruminances et même Tes reins et terroirs ici-présents sur le thème ad hoc, mon capitaine : citez 7 chansons qui vous causent. C'est l'écureuil du ouèbe qu'a eu l'idée de la chose. Lui même avait du s'éxécuter sur une injonction d'un authentique spécialiste des peuples précolombiens répondant au doux nom de Férocias. Faut dire, on est mis à contribution ici ces derniers temps question tags. L'autre affaire concerne une question plus ardue posée par Nico, le taulier de la Wikiopole : c'est quoi un blog ? Mon ami et néanmoins complice Lediazec y répondra demain. En attendant, voilà sept morceaux qui me parlent...
On se souvient avec émotion des Paradis artificiels du grand Charles, le poète maudit, pas le mari d'Yvonne. Un autre paradis, virtuel celui-là, vient de voir le jour grâce au talent de deux blogueurs amis Mtislav et Gaël. Il s'agit d'un espace aléatoire où au fil des clics sur des réverbères mouvants, on allume des petites lumières qui font découvrir des lecturesaussiéclectiquesquepoignantes. Bravo à cette initiative altruiste qui réunit sur un seul arbre, une petite branche de la grande forêt des blogs.
H16, le sympathique kiwi expatriéau nom de code très chimique, le révèle sur son blog. Il aime quand l'Hérétique lui fait des guilis-guilis. Pour l'heure la chatouille en question prend la forme d'une chaîne un brin sado-maso pour les vieilles choses que nous sommes devenues. Une proposition à peine honnête de voyage dans le temps en quelque sorte. Sur un thème d'actualité cependant. Ainsi donc l'homme à la dentition presque parfaite m'interpelle et me demande ce que je faisais à 23 ans. Il prétend pourtant le savoir puisqu'il évoque dans ses écrits mon passé de chippendale. Je lui avais pourtant demandé de rester discret sur cet épisode peu glorieux de mon existence mais vous savez comme sont les gens, tenir sa langue, surtout quand elle est chargée pour cause de libations intempestives, devient un exercice quasi-impossible.
Je nuancerais tout de même son propos. Je n'exerçais ce rôle qu'à la tombée de la nuit, tel un vampire à demi-nu, assoiffé de rombières en mal de sensations fortes. Le reste du temps, j'essayais bon an mal de gagner ma vie. J'avais arrêté de poursuivre mes études sans jamais les rattraper après un deug de Math. Un comble, moi qui exècre cette discipline, orientation quand tu nous tiens... Je m'étais alors inscrit par dépit à l'Ecole Normale de garçons de Savenay, petite bourgade située à une trentaine de bornes de ma ville de toujours, Nantes où je partageais avec mon amie un tout petit appart chantenaysien. L'avantage est que le normalien est payé pendant ses années d'études. Mais mes amours me captivaient bien plus que les cours de pédagogie dispensés par mes doctes professeurs. Je séchais plus souvent qu'à mon tour aussi bien leurs cours magistraux que leurs travaux pratiques.
Un jour deux collègues avec qui je faisais parfois le voyage en voiture jusqu'à Savenay, me tirent du paddock, l'air affolé. Ils me disent que des contrôles de présence ont eu lieu et que les absents ne toucheront pas leur salaire. Ni une ni deux, je saute dans leur automobile et pendant tout le trajet, j'angoisse sur mon devenir immédiat. A l'arrivée, ils éclatent de rire et m'avouent que tout ceci n'était qu'une vaste blague et qu'ils m'invitent au resto. Soulagé, j'ai commandé trois fois des frites et au moins autant de carafes de vin. La vie était belle à l'époque...
[Unhuman] nous demande dans une chaîne d'expliquer le nom du blog. Nicolas nous tague sur le même thème mais au sujet de la maison mère ruminances. Nous ferons d'une pierre deux coups et répondrons ici-même aux deux questions.
A l'origine, Tes reins et terroirs devaient causer foot et jaja d'où l'idée de l'allitération, Terrains et terroirs. Le premier substantif évoquant le rectangle de gazon vert, le second, le sol de la vigne. Mais ce blog parlant de bien d'autres choses en fait, l'intitulé s'est naturellement transformé en Tes reins et terroirs, plus sensuel et un brin interrogatif.
Pour Ruminances, c'est une longue histoire qui commence sur un site qui parlait de l'OM sous un angle satirique. Mon pseudo de l'époque était boeuf mode, nom d'un plat traditionnel français. Quand un clash s'est produit avec mes anciens amis, j'ai quitté l'endroit, ai gardé le B et enlevé l'oeuf puis ai créé un blog. J'ai hésité entre appeler le blog ruminances ou ruminations en souvenir du boeuf du passé. Ruminances a emporté le morceau pour sa sonorité et par le fait qu'il n'existe pas dans le vocabulaire courant.
Mancioday de Reversus, Clarky, Lediazec et Erby ont tous participé activement à ce site sur l'Om et m'ont rejoint à ma grande joie sur ruminances et sur Tes reins et terroirs.
Samedi dernier, Claudio Pirrone avait écrit ceci : "Il y a une chose qui m’a toujours frappé dans le microcosme blogophérique : le soin avec lequel on choisi le nom de son blog." "Ces noms sont plus qu’une marque : il sont souvent des vraies identités" avait-il ajouté. Et il avait alors lancé une chaîne sur le thème suivant : "Ce que je propose à chacun est de citer un maximum de cinq blog dont vous aimez le nom. Et parmi ces cinq, au moins un ne figurant pas dans un quelconque top 100 de wikio." Nicolas J. qui avait été tagué, avait refilé la patate chaude à Elmone qui à la surprise générale, connaissait Tes reins et terroirs et en appréciait la consonnance. Ainsi donc, voici cinq blogs dont j'apprécie le nom:
La femme de George(s) : le blog de miss Clooney avec ou sans S. Comme sucre ! What else ?
Trublyonne voit la vie en Rouge : Trouble, lyonnaise, lionne, le rouge de la saine colère, que sais-je encore ? Sans oublier le son délicat de la clochette.
La chronique du fourbe : Tout est dit dans le titre de ce blog rabelaisien consacré à qui vous savez... Il ne figure dans aucun classement Wikio comme le souhaitait Claudio
Mtislav : quel drôle de nom pour un blog. Je n'ai aucune idée de l'origine de ce choix bizarre. Initiales, abréviation, code secret, Mtislav si tu nous lis ? En attendant les cinq nominés peuvent se considérer comme tagués...
A l'heure où la pauvre Ségo est abandonnée par ses plus ardents supporters, il nous a semblé charitable de relayer cette contribution à ce qui restera un des sommets du design minitel 2.0. Toi aussi, crée ton désir d'avenir !